Les cartes de circuits imprimés usagées concentrent l’essentiel de la valeur des déchets électroniques, sous forme de dépôts d’or en surface des connecteurs. Les filières actuelles reposent sur la fusion à haute température ou sur l’utilisation d’eau régale et le cyanure. Cette thèse explore une voie bio-hydrométallurgique où un consortium bactérien acidophile ferro-oxydant génère une solution de Fe(III) à 35°C, non pour dissoudre l’or mais pour oxyder les couches de cuivre et de nickel sous-jacentes et le délaminer. Trois verrous sont traités.
Le premier est analytique. La fluorescence X portable, couplée au potentiel d’oxydoréduction, donne la concentration en Fe(III) en temps réel et permet de dater la fin de culture ; son intégration en puce microfluidique est une preuve de concept pour un suivi en ligne. La densité optique et le dosage des sulfates par FTIR-ATR se sont révélés inadaptés.
Le deuxième concerne le procédé. Deux lixiviations de 24 h délaminent 95,8 % de l’or de surface, pour une pureté de 97,9 %. La cémentation par Fe(s) suivie d’une précipitation oxalique élimine tout le Cu(II) sans extraction liquide-liquide, et le lixiviat purifié permet de relancer une culture sans perte de performance : la boucle est fermée.
Le troisième est environnemental. L’analyse de cycle de vie situe le procédé au-dessus d’un référentiel pyrométallurgique, mais l’écart provient des réactifs de purification, non de l’étape biologique. L’enrichissement préalable par tri en est le levier déterminant.


