CEA
CNRS
Univ. Paris-Saclay

Service de Physique de l'Etat Condensé

Faits marquants 2008

19 décembre 2008
H. le Sueur, P. Joyez, H. Pothier, C. Urbina, and D. Esteve

Les éditeurs de la revue "Physical Review Letters" ont récemment  attribué le label "Editor's suggestion" à un article du groupe  Quantronique du SPEC (Service de Physique de l'Etat Condensé): Phase Controlled Superconducting Proximity Effect Probed by Tunneling Spectroscopy, Phys. Rev. Lett. 100 (2008) 197002".  Par ce label les éditeurs souhaitent mettre en avant un petit nombre  d'articles qu'ils considèrent comme particulièrement clairs et  susceptibles d'intéresser des lecteurs en dehors de leur spécialité.

Cet article permet de donner pour la première fois une vue élégante, claire et complète de  "l'effet de proximité supraconducteur". Cet effet se produit aux  interfaces entre métaux supraconducteur (S) et métaux résistifs  "normaux" (N), où la supraconductivité peut "contaminer" localement  le métal normal et le rendre non résistif.

16 décembre 2008
O. Dauchot, Frédéric Lechenault, Giulio Biroli, Jean Philippe Bouchaud

La compréhension de la formation des solides amorphes, tels que les verres structuraux et colloïdaux, ou les empilements granulaires demeure un des défis majeurs de la matière condensée.  Lorsque la température d’un liquide est abaissée, ou lorsque la densité d’un milieu granulaire est augmentée, tout en prenant soin d’éviter la transition de cristallisation, on constate un très fort ralentissement de la dynamique, beaucoup plus fort que ce à quoi on pourrait s’attendre pour une relaxation par activation individuelle des molécules ou grains. On parle alors de transition vitreuse, ou plus généralement de transition de jamming.

Ceci laisse supposer la présence d’un mécanisme de relaxation collectif, qui nécessiterait une énergie d’activation croissante avec l’abaissement de la température ou l’accroissement de la densité. Pour autant l’analyse des propriétés de la structure de ces systèmes ne révèle pas l’émergence d’un ordre facilement identifiable. Une question cruciale est donc de savoir si le ralentissement brutal de la dynamique est du à une véritable transition de phase et si oui de quelle nature, et pour quel paramètre d’ordre. Au-delà de cette question de nature fondamentale, il s’agit de savoir si un verre est un liquide qui ne coule pas, ou un solide sans ordre !

Ces dernières années, il a été suggéré que la transition puisse être d’origine purement dynamique. De nombreuses observations (expériences de molécules unique, mesure de susceptibilité diélectrique dans les liquides, diffusion de la lumière résolue en temps dans les colloïdes) et simulations numériques de systèmes modèles sont venues étayer cette idée. Néanmoins aucune évidence expérimentale directe de ces comportements collectifs, ni de leur dépendance avec le paramètre de contrôle n’avait encore été obtenu à ce jour.

15 juillet 2008
D. Bonamy and L. Ponson (SPCSI), D. Santucci (Fysik Institutt Oslo)

Fracture is a phenomenon of everyday life: it is observable at all scales of condensed matter, from the atomic scale (in nanostructures) to the scale of our planet marked by fractures in the continental plates. But, can we find a unifying model to describe the phenomenon?

The dynamics of fracture is complex. In an ideal elastic material, perfectly homogenous, the situation remains relatively simple by means of the Elastic Linear Mechanics: the crack front is a smooth line, crossing the material with a predictable trajectory and at a regular speed that is function of the solicitation in tension. Taking into account the inhomogeneities inherent in any material (microstructure heterogeneities, point defects, temperature…) the crack no more propagate continuously but by apparently unpredictable leaps, which imposes a statistical treatment of the problem.

15 juillet 2008
D. Bonamy et L. Ponson (SPCSI), D. Santucci (Fysik Institutt Oslo)

La fracture est un phénomène de la vie courante : on le rencontre à toutes les échelles de la matière condensée, depuis l'échelle atomique (dans les nanostructures) jusqu'à l'échelle de notre planète marquée par les failles dans les plaques continentales. Mais peut-on trouver un  modèle unificateur pour décrire le phénomène ?

La dynamique de la propagation d'une fracture est complexe. Dans un matériau élastique idéal, parfaitement homogène, la situation reste relativement simple, aisément modélisable à l'aide de la Mécanique Linéaire Elastique de la Rupture : le front de fissure forme une ligne continue, qui se propage dans le matériau suivant une trajectoire prédictible et à vitesse régulière, d’autant plus élevée que la sollicitation en tension est importante. Dès que l'on prend en compte l'inhomogénéité inhérente à tout matériau (hétérogénéité de microstructure, défauts ponctuels, effet de la température…) la fissure ne progresse plus continument mais par sauts apparemment imprédictibles, ce qui impose un traitement statistique du problème.

 

Retour en haut