La fabrication de la monnaie avant l’introduction de la frappe au balancier
F. Téreygeol, A. Arles logo_tutelle logo_tutelle 

Série de carreaux et flans archéologiques

Les fouilles menées entre 1994 et 1995 sur l’Hôtel de la monnaie de La Rochelle ont permis la mise au jour d’un ensemble de déchets métalliques permettant de suivre la totalité des étapes de fabrication d’une monnaie de cuivre et d’argent : depuis le lingot jusqu’au flan monétaire en passant par le carré. Il s’agit d’un cas unique en Europe puisque jamais il n’avait été possible de fouiller un atelier monétaire royal. L’activité de l’atelier, tel qu’il a été retrouvé s’inscrit entre les XVIe et le XVIIe siècle. Il n’a pas connu l’introduction des nouvelles machines que sont le balancier et le laminoir. De ce fait, la production qui est issu de l’atelier de La Rochelle se rattache à un schéma opératoire typiquement médiévale. La présence des déchets métallurgiques retrouvés lors de la fouille archéologique a permis d’envisager une étude à la fois quantitative et métallographique du matériel conduisant à une certaine réinterprétation des édits monétaires et à une nouvelle réflexion sur la notion d’alliage monétaire. D’autre part, il a été également possible de reconstituer expérimentalement à Melle cette chaîne opératoire de manière à produire des artefacts comparables au matériel archéologique. La comparaison du matériel expérimental et des objets archéologiques est de nature à intéresser tant les paléométallurgistes que les numismates ou encore les historiens de l’économie. La combinaison des données archéologiques, historiques, expérimentales et chimiques permet de proposer un schéma de la production de la monnaie d’argent à bas titre (5 à 10 % d’argent) pour les périodes antérieurs à l’introduction de la frappe au balancier. 

Maj : 17/01/2005 (323)

 

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